Inrap
Entre juin et octobre 2011, en amont de la création d’un lotissement, une fouille menée à Grand a permis la mise au jour d'une imposante villa au pied du rempart de l’agglomération gallo-romaine. Durant l'Antiquité, Grand est identifié à un sanctuaire des eaux dédié à Apollon Grannus. La découverte d'enduits peints permettent d'en restituer les décors et d'identifier la fonction de ses nombreuses pièces. La fouille d'une villa de cette envergure et de ce luxe dans son intégralité et dans un milieu urbain antique est rarissime.
Les quais de Ratiatum - Article du vendredi 20 mai 2011
La ville antique révèle ses secrets. Journée de découverte de Saint-Lupien avec visite, manipulation d'objets et projection de film. C'est dimanche après-midi
Un mille-feuille. Ce site de Saint-Lupien, qui fut, dans les temps antiques, un port important, est un mille-feuille qui garde les traces de toutes les occupations humaines.
Depuis sa fondation, estimée entre l'an 20 avant notre ère et l'an 10 après, des hommes et des femmes ont vécu, travaillé sur ce bout de terre en bordure du fleuve. « Ratiatum s'étendait le long du Seil (un bras de la Loire qui partait de la Sèvre à Pont-Rousseau pour se jeter dans la Loire en aval de Trentemoult). Le Seil, aujourd'hui comblé, occupait à peu près l'emplacement de la route de Pornic actuelle et Ratiatum allait du Port-au-Blé jusqu'à l'ancien séminaire des Couëts sur une largeur de 300 à 500 m à partir du Seil », indique la plaquette historique, Histoire de Rezé (disponible sur le site de la ville).
Un quai à redécouvrir
À chaque nouvelle campagne de fouille, on en apprend un peu plus sur cette ville. Lors des dernières recherches effectuées au printemps dernier, plusieurs découvertes d'importance ont été mises au jour : une nécropole d'une quarantaine de personnes et des traces de chauffage au sol ainsi qu'une pièce en absides. Ce qui peut laisser supposer qu'il y avait des thermes. Surtout, les chercheurs ont découvert, entre la chapelle actuelle et la route de Pornic, un assemblage de pierre et de bois, qui pourrait bien ressembler à un quai.
Profitant des Journées de l'archéologie, rendez-vous culturel et scientifique organisé les 21 et 22 mai partout en France sous l'égide du ministère de la Culture et de la communication, la Ville invite amateurs et curieux à venir à savoir un peu plus sur ce site, dimanche.
Rendez-vous à 15 h, au bout de l'avenue des Treilles, pour découvrir le quartier portuaire gallo-romain (que les archéologues continueront de fouiller cet été), la chapelle Saint-Lupien et les domus.
Il sera possible de manipuler le mobilier archéologique, de parcourir une brève exposition sur le port antique et de suivre la projection du film documentaire « Les experts de l'archéologie. » Tarifs : 3 €/pers, 6 € par famille (1 à 2 adultes et jusqu'à 3 enfants), gratuité demandeurs d'emploi et bénéficiaires du RSA sur justificatif. Renseignements : 02 40 84 43 96.
Pour en savoir plus !
http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Quand-Reze-etait-la-ville-des-Pictons...-_44143-avd-20110520-60516607_actuLocale.Htm
http://www.reze.fr/Culture-Sport-Loisirs/Archeologie
L’habitation principale
L’habitation principale, celle du maître des lieux, est un bâtiment aux fondations puissantes, mesurant 26 m de long pour 13 m de large. Elle est constituée de deux grosses tours reliées par une
importante galerie et domine le reste du domaine qui se développe au sud. À l’ouest, se situe une petite salle de réception, probable bureau où le maître règle ses affaires. D’abord isolée, cette
salle est reliée au bâtiment principal par une pièce construite dans un second temps. À côté de l’entrée, s’élève un laraire circulaire. Il s’agit d’un petit édicule abritant probablement une
divinité veillant sur les affaires conclues dans la salle voisine. Le gestionnaire du domaine réside dans une petite maison située plus à l’ouest. Cet ensemble résidentiel est délimité par un mur
de clôture.
Une fonction agricole bien marquée
À l’est, et sans doute au sud de l’espace réservé aux habitations, se développe l’exploitation agricole proprement dite. En dehors de
nombreuses constructions de terre et de bois, qui ont dû héberger le personnel de la ferme, celle-ci est caractérisée par la présence de deux granges monumentales au plan typique. Leurs robustes
fondations empierrées sont les seuls vestiges encore visibles. Elles indiquent la présence de parois maçonnées imposantes, habituelles sur ce genre d’édifices. Ces granges, généralement destinées
au stockage des récoltes, peuvent avoir également une fonction plus technique et abriter une forge. Ici, la grange occidentale semble être isolée. En revanche, à coté de la grange orientale, se
développe un vaste espace empierré, sans doute occupé par une série d’appentis abritant des activités liées au fonctionnement de l’exploitation.
Des temples gallo-romains
L’une des caractéristiques du site est le nombre inhabituel d’édifices à vocation religieuse qu’il recèle. En effet, deux fana ou temples
romano-celtiques, de plan typique, y ont été observés. Il s’agit de monuments quadrangulaires composés d’une cella centrale (sorte de chapelle abritant la statue de la divinité) entourée
d’une galerie couverte à colonnade servant aux cérémonies religieuses. Le premier se situe face à l’habitat du maître. Le second, un peu plus vaste, est à l’est du domaine dans la partie
agricole, à quelques mètres au nord de la grange. Il est pour l’instant impossible de savoir si ces deux monuments sont contemporains. La présence d’un troisième édifice religieux, de taille
nettement inférieure (le laraire), est également remarquable et inhabituelle. Il s’agit en effet d’un petit édifice cultuel domestique très répandu dans le monde romain mais dont les traces sont
rarement retrouvées en fouille.