L'ACTUALITES ARCHEOLOGIQUES

Grand un domaine Gallo-Romain complet

Inrap Inrap

Entre juin et octobre 2011, en amont de la création d’un lotissement, une fouille menée à Grand a permis la mise au jour d'une imposante villa au pied du rempart de l’agglomération gallo-romaine. Durant l'Antiquité, Grand est identifié à un sanctuaire des eaux dédié à Apollon Grannus. La découverte d'enduits peints permettent d'en restituer les décors et d'identifier la fonction de ses nombreuses pièces. La fouille d'une villa de cette envergure et de ce luxe dans son intégralité et dans un milieu urbain antique est rarissime.

 

Un domaine gallo-romain complet

Située au fond d’un vallon, la villa occupe le centre d’un vaste espace clos d’environ un hectare, elle compte au minimum 25 pièces et couloirs. La partie résidentielle, de 45 m de long sur 17 de large, a été construite en travers du vallon, sur une terrasse artificielle. L’entrée de service du domaine est au sud, à proximité immédiate d’une large voie empierrée qui longe le domaine. Le visiteur entre dans une vaste cour, où se déploie, sur un côté l’aile de service de la villa : un bâtiment annexe de plan carré, avec 6 pièces environ dont une cave, rattaché au corps principal par un long couloir. Une étable et sa fosse à purin  ont été retrouvées par les archéologues, elles jouxtent la première annexe et se trouvent dans un angle du domaine. Les latrines ont également été identifiées près de cette annexe. Ces toilettes collectives réservées aux habitants de la villa se matérialisent en un fossé de 4 mètres de long, étroit et maçonné. Face au visiteur, la  villa se développe, elle intègre deux avancées symétriques en façade dont la cuisine. Au nord, la villa surplombe un espace étendu correspondant sans doute au jardin. Le centre de celui-ci a été agrémenté par un petit monument représentant un Jupiter cavalier. Au fond, une seconde annexe est dotée d’une cave comme la première.
Cette propriété urbaine a été créée durant le dernier quart du Ier siècle de notre ère et l’occupation dure, avec quelques changements architecturaux, jusqu’au début du IIIe siècle.
Trois phases d’occupation ont été repérées. La dernière concerne la récupération de matériaux. Ainsi, sur place, des grandes tuiles en lauses du toit ont été retaillées pour en faire des modules plus petits.

Une résidence de prestige

La partie résidentielle se compose d’une enfilade de neuf pièces communiquant avec une galerie donnant sur le jardin. L’accès principal au bâtiment se situe au bout de ce couloir à l’est. La pièce adjacente est aussi celle qui a reçu le décor le plus soigné imitant du marbre. Un long espace subdivisé par des cloisons, sans communication avec les autres pièces, occupe toute la façade donnant sur la cour. Il s’agit très probablement de la zone de vie des domestiques. La toiture du bâtiment, qui ne comptait qu’un rez-de-chaussée, était composée de dalles sciées en calcaire tendre. À l’exception de l’espace cloisonné, toutes les pièces sont pourvues d’un sol en mortier. L’ensemble des murs, et au moins une partie des plafonds, étaient recouverts d’enduits peints et de stucs moulurés, retrouvés effondrés sur place. Deux pièces sont munies d’un âtre, ce qui implique l’existence de cheminées Les autres chambres étaient chauffées par des braseros qui ont laissé des traces rougeâtres circulaires sur les sols. Une seule pièce, dans l’angle sud-ouest du bâtiment, possède un hypocauste, un système de chauffage par le sol et les murs. Au-devant de cette pièce, une cave voûtée servait de praefurnium, endroit où l’on faisait le feu. Une ouverture dans le mur laissait circuler la chaleur sous le sol suspendu de la pièce adjacente et dans les murs, via des briques creuses.

La gestion de l’eau

La villa étant construite en travers d’un vallon, un aménagement particulier a été conçu pour favoriser l’écoulement de l’eau venant d’amont : un grand drain collecteur, couvert de dalles passe sous la villa et permet d’évacuer les eaux de ruissellement de la cour. L’approvisionnement en eau potable de la villa se faisait au moyen d’un puits au milieu de la cour et de deux citernes circulaires près de la cuisine.

Responsable scientifique

Michel Gazenbeek, Inrap

Aménagement

Mairie de Grand

Contrôle scientifique

Service régional de l’Archéologie, Drac Lorraine

Quand Rezé était la ville des Pictons... - Rezé

Les quais de Ratiatum - Article du vendredi 20 mai 2011 Les quais de Ratiatum - Article du vendredi 20 mai 2011

La ville antique révèle ses secrets. Journée de découverte de Saint-Lupien avec visite, manipulation d'objets et projection de film. C'est dimanche après-midi

Un mille-feuille. Ce site de Saint-Lupien, qui fut, dans les temps antiques, un port important, est un mille-feuille qui garde les traces de toutes les occupations humaines.

Depuis sa fondation, estimée entre l'an 20 avant notre ère et l'an 10 après, des hommes et des femmes ont vécu, travaillé sur ce bout de terre en bordure du fleuve. « Ratiatum s'étendait le long du Seil (un bras de la Loire qui partait de la Sèvre à Pont-Rousseau pour se jeter dans la Loire en aval de Trentemoult). Le Seil, aujourd'hui comblé, occupait à peu près l'emplacement de la route de Pornic actuelle et Ratiatum allait du Port-au-Blé jusqu'à l'ancien séminaire des Couëts sur une largeur de 300 à 500 m à partir du Seil », indique la plaquette historique, Histoire de Rezé (disponible sur le site de la ville).

Un quai à redécouvrir

À chaque nouvelle campagne de fouille, on en apprend un peu plus sur cette ville. Lors des dernières recherches effectuées au printemps dernier, plusieurs découvertes d'importance ont été mises au jour : une nécropole d'une quarantaine de personnes et des traces de chauffage au sol ainsi qu'une pièce en absides. Ce qui peut laisser supposer qu'il y avait des thermes. Surtout, les chercheurs ont découvert, entre la chapelle actuelle et la route de Pornic, un assemblage de pierre et de bois, qui pourrait bien ressembler à un quai.

Profitant des Journées de l'archéologie, rendez-vous culturel et scientifique organisé les 21 et 22 mai partout en France sous l'égide du ministère de la Culture et de la communication, la Ville invite amateurs et curieux à venir à savoir un peu plus sur ce site, dimanche.

Rendez-vous à 15 h, au bout de l'avenue des Treilles, pour découvrir le quartier portuaire gallo-romain (que les archéologues continueront de fouiller cet été), la chapelle Saint-Lupien et les domus.

Il sera possible de manipuler le mobilier archéologique, de parcourir une brève exposition sur le port antique et de suivre la projection du film documentaire « Les experts de l'archéologie. » Tarifs : 3 €/pers, 6 € par famille (1 à 2 adultes et jusqu'à 3 enfants), gratuité demandeurs d'emploi et bénéficiaires du RSA sur justificatif. Renseignements : 02 40 84 43 96.

 

Pour en savoir plus !

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Quand-Reze-etait-la-ville-des-Pictons...-_44143-avd-20110520-60516607_actuLocale.Htm

 

http://www.reze.fr/Culture-Sport-Loisirs/Archeologie

 

Bais Un grand domaine gallo-romain

Description

En 2005, le projet de construction d’un lotissement dans un secteur archéologiquement sensible de la commune de Biais a conduit à la réalisation d’un diagnostic archéologique mené par l’Inrap en 2006. Devant l’importance des vestiges découverts, le service régional de l’Archéologie a prescrit une fouille préventive confiée à l’Inrap en juin 2009. Bais recèle un important patrimoine archéologique que cette fouille enrichit. Les archéologues de l’Inrap y étudient, jusqu’en décembre 2009, les vestiges d’un domaine rural antique composé de plusieurs bâtiments répartis sur une surface d’environ 2 hectares et daté du Ier au IVe siècle de notre ère.

Résultats

L’habitation principale
L’habitation principale, celle du maître des lieux, est un bâtiment aux fondations puissantes, mesurant 26 m de long pour 13 m de large. Elle est constituée de deux grosses tours reliées par une importante galerie et domine le reste du domaine qui se développe au sud. À l’ouest, se situe une petite salle de réception, probable bureau où le maître règle ses affaires. D’abord isolée, cette salle est reliée au bâtiment principal par une pièce construite dans un second temps. À côté de l’entrée, s’élève un laraire circulaire. Il s’agit d’un petit édicule abritant probablement une divinité veillant sur les affaires conclues dans la salle voisine. Le gestionnaire du domaine réside dans une petite maison située plus à l’ouest. Cet ensemble résidentiel est délimité par un mur de clôture.
 
Une fonction agricole bien marquée
À l’est, et sans doute au sud de l’espace réservé aux habitations, se développe l’exploitation agricole proprement dite. En dehors de nombreuses constructions de terre et de bois, qui ont dû héberger le personnel de la ferme, celle-ci est caractérisée par la présence de deux granges monumentales au plan typique. Leurs robustes fondations empierrées sont les seuls vestiges encore visibles. Elles indiquent la présence de parois maçonnées imposantes, habituelles sur ce genre d’édifices. Ces granges, généralement destinées au stockage des récoltes, peuvent avoir également une fonction plus technique et abriter une forge. Ici, la grange occidentale semble être isolée. En revanche, à coté de la grange orientale, se développe un vaste espace empierré, sans doute occupé par une série d’appentis abritant des activités liées au fonctionnement de l’exploitation.
 
Des temples gallo-romains
L’une des caractéristiques du site est le nombre inhabituel d’édifices à vocation religieuse qu’il recèle. En effet, deux fana ou temples romano-celtiques, de plan typique, y ont été observés. Il s’agit de monuments quadrangulaires composés d’une cella centrale (sorte de chapelle abritant la statue de la divinité) entourée d’une galerie couverte à colonnade servant aux cérémonies religieuses. Le premier se situe face à l’habitat du maître. Le second, un peu plus vaste, est à l’est du domaine dans la partie agricole, à quelques mètres au nord de la grange. Il est pour l’instant impossible de savoir si ces deux monuments sont contemporains. La présence d’un troisième édifice religieux, de taille nettement inférieure (le laraire), est également remarquable et inhabituelle. Il s’agit en effet d’un petit édifice cultuel domestique très répandu dans le monde romain mais dont les traces sont rarement retrouvées en fouille.

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